U MIÒ CAMINU, Chapitre 1

Jean-Yves Gargadennec / Tous droits réservés.

Premier chapitre./ U miò caminu

Il m’a fallu du temps pour stabiliser ma façon d’écrire, de sortir mon appareil pour graver les images d’U MIÒ CAMINU. Le point de départ de mon chemin insulaire, le premier acte a été de dépasser les clichés préétablis et les normes en recherchant dans mes portraits la diversité des caractères et des situations.

Il faut de l’écoute, du dialogue, j’entends par là que le temps est un des facteurs importants dans l’édification de mes photographies humaines sur l’île.


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Carabanchel, ma part d'ombre

Jean-Yves Gargadennec / Tous droits réservés.

Carabanchel, ma part d'ombre

Je me trouvais à Madrid dans le quartier d'Aluche, quant on m'évoqua l'histoire de la prison de Carabanchel. Le lendemain, je décidais de voir l'extérieur de cette prison fantôme. Au bout d'un quart heure de marche d'Aluche, proche du nouveau commissariat pour l'émigration se dessinait sous mes yeux un bâtiment imposant de briques rouges, un vestige de l'histoire espagnole. Sans pour autant en connaître le coeur, j'eu la sensation d'avoir à portée de main la suite logique de « Métamorphose ». Durant le mois d’août ma détention était de six heures par jour, à chaque sortie je pensais à cette phrase écrite au crayon à papier par un détenu «nadie sabe lo que es la libertad hasta que no esta privado de ella »...Carabanchel à l'agonie traduit la part d’ombre de notre humanité.


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Portraits

Jean-Yves Gargadennec / Tous droits réservés.

Portraits

En intérieur ou en extérieur du moment que la lumière naturelle m’accompagne. Le portrait c’est l’instant d’une rencontre entre l’artiste et celui qui lui fait face.


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U MIÒ CAMINU, Chapitre 2

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Deuxième chapitre / U miò caminu

Mes paysages corses sont avant tout un travail sur la lumière, sur l’équilibre naturel avec l’homme, une harmonie encore visible sur l’ile. Un autre pan de mon approche parle de l’urbanisation des terres agricoles. C’est une vision fragile à fleur de peau, qui ne mentionne pas les lieux ou les zones de mes prises de vue, mais seulement l’année de mon passage cela fait partie de ma démarche d’auteur. Lors de mes excursions, les endroits que je traverse étaient jadis des lieux pleins de vie, riches d’une activité agropastorale aujourd’hui suspendue. Une perspective qui questionne l’avenir économique proposé, le fantasme du béton!

Je prends le temps de marcher à pied en solitaire ou accompagné d’un âne qui supporte le poids de ma chambre photographique. Je vis, je respire le panorama à ma vitesse.


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Artificielle

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Artificielle

Je vais à la recherche  du clair-obscur, du « chiaroscuro », dans une rencontre fortement contrastée entre obscurité et éclairage artificiel. La nuit, sans la lumière technique, la vie active dans nos villes serait impossible. Quelle soit esthétique ou chaotique,  je veux dépeindre l’atmosphère nocturne de nos cités. J’écris  le noir à la pointe d’un lampadaire, d’une vitrine de magasin, d’une affiche publicitaire qui attire le regard au cœur de l’obscurité et allume la curiosité du consommateur. Mon appareil saisit aussi le message en morse produit par l’éclairage chevrotant des néons en fin de vie. Lors de mes sorties nocturnes, tel l’œil d’un oiseau de nuit, mon « Rolleiflex » se concentre sur des détails dans le noir environnant une lumière artificielle plantée par l’homme pour défier l’obscurité profonde du cosmos et concurrencer le soleil.


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Mémoire d'une résistance

Jean-Yves Gargadennec / Tous droits réservés.

Mémoire d'une résistance

Par la photographie, la vidéo et l'écrit, Je souligne l’histoire proche, la lutte pour la démocratie et l’effacement d’une république.L’Espagne tente aujourd'hui de regarder son proche passé. La guerre médiatique fait rage entre les opposants qui ne voient qu'une enquête à travers les entrailles de la haine civile et les défenseurs de cette loi qui comme Ignacio Escolar directeur du quotidien PÚBLICO dit : « ces morts, du fait de l'impossibilité du deuil, appartiennent encore au présent ». Ce désir d'occulter un passé gênant est le déclencheur de mon travail. Ces visages photographiques sont les derniers témoins vivants de cette sombre période européenne. Après la mort de Franco et la fin de la dictature a régné le mutisme sur cette époque. Les experts historiques disent que la jeune démocratie espagnole s'est construite sur un « pacte du silence », sur une transition qui a occulté les plaies du passé. 


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U MIÒ CAMINU, Petite série

Jean-Yves Gargadennec / Tous droits réservés.

U miò caminu / Petite série pour un portrait

Mon point de départ est le proverbe corse "Mieux vaut des gens que du bien". C'est en Corse, que j'ai eu pour la première fois l'envie de photographier, à l'âge de 8 ans, chez des amis bergers, la famille Mancini. Je n'avais aucun appareil photo en main, mais la scène simple à laquelle j'avais assisté, éveilla  en moi mon premier désir photographique. Ma mère attentive, écoutait prés du feu de cheminée une femme âgée, vêtue entièrement de noir, qui racontait sa vie ; elle ne distinguait plus que les ombres, sa tête était immobile, la lumière du feu réchauffait la scène en soulignant son visage long et noble. La discussion se faisait en corse sur son histoire, son vécu fait de dureté et de dignité.

 


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Métamorphose

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Métamorphose

Ce groupe de trois bâtiments a représenté jusqu'à la fin des années quatre-vingt-dix le cœur de la médecine hospitalière à Montpellier. Il ne fut construit que deux complexes hospitaliers de ce type dans la France d'après-guerre à Paris « Beaujon » et l'autre à Montpellier « Saint Charles ». Je suis rentré dans ces édifices qui ne vivaient plus depuis plusieurs années, deux mois avant leur métamorphose. Dans un premier temps, je me suis attaché à retranscrire l'intérieur de ces bâtiments qui n'étaient plus que trois bateaux fantômes perdus au milieu de la ville. Mon but a été de traduire les empreintes humaines qui filtrent encore à travers l'obscurité de toutes ces salles abandonnées. Cette 1ère partie met en évidence, par sa vision brute, la vie qui manque à ces espaces nus et fait rejaillir un passé effervescent.  J'ai voulu que mon œuvre se mélange entre mes travaux photographiques, les témoignages sonores, et vidéos. Cette synergie dépasse la simple vision d'un état des lieux architectural et stérile.


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Lumières

Jean-Yves Gargadennec / Tous droits réservés.

Lumières

Parcourir le territoire du Gard pour y capter la diversité de ses lumières. A la recherche d’un son où plus précisément des seize signes qui composent  ce territoire ;  chaque paysage comme une note. Je capte un sentiment  sans devoir me justifier du lieu exact de mes prises de vue. La difficulté consiste à garder sur ce chemin émotionnel  la même constance sans tomber dans le beau « gentil », propre aux clichés touristiques du coin. J’écris ma gamme de lumières en film argentique. Je veux que les gens ressentent le tranchant de mon appareil, le côté tendu de l’acte pour obtenir mes sons, mes émotions, mes paysages. C’est un choix artistique. 


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Racines

Jean-Yves Gargadennec / Tous droits réservés.

Racines

L'arbre coupé, l'arbre de mon enfance, celui qui vivait en face de notre maison, celui que je regardais tous les jours. Il avait de multiples branches qui hébergeaient cinq couples d'oiseaux; un petit tronc, sûrement avait-il été cassé dans ses premières années. Il poussait en largueur avec de nombreux bras, pas vraiment beau mais c'était le mien, entouré de ronces protectrices. Avec les années et la planification urbaine de l'homme, ce bastion de la nature ne pouvait garder son statut de dominant tranquille. L'avenir, le futur du terrain vague... la ville ne pouvant pas laisser un espace sauvage, le verdict tombe; transformation du site en une zone sportive pour le collège voisin. Môme, je pensais juste qu'il allait perdre sa liberté, que l'aménagement l'emprisonnerait dans du béton ou du bitume en le laissant exister. Quel choc en rentrant de l'école maternelle, de voir du fond de notre jardin, le désastre d'un tronc à terre, le sol couvert de feuilles, de branches brisées, de nids vides, l'odeur du bois fraîchement coupé qui prenait à la gorge! Ce souvenir et l'amour que mon père m'a donné pour les arbres sont les déclencheurs de mon projet « Racines ».


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De village en visage

Jean-Yves Gargadennec / Tous droits réservés.

De village en visage

Photographier, c'est écrire par la lumière avec cette notion de vie, de témoignage que l'on sauve des griffes du temps qui passe. Ce travail de portraits en situation rurale me ramène aux premiers photographes indépendants qui parcouraient la France. Ils ont conservé avec leurs appareils  la mémoire de notre patrimoine humain, retranscrit la vie de nos villages en vendant leurs clichés sur du papier carte postale. Je traduis ce sujet, ce territoire en y soulignant les gens qui l'ont construit, qui l'entretiennent et qui le vivent au quotidien.  Dans mes rencontres, je prends le temps de parler et je note mes impressions, les phrases clés, et j'observe avec attention chaque nouvel endroit. J'éprouve le besoin inaltérable d'élaborer mon image avec tous ces détails. Mon choix, est toujours de respecter l'instant dans l'acte photographique. J'évite les recadrages, tout doit être dit à la prise de vue, pas de « cuisine » après avoir eu mon image, j'aime les choses brutes.


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