Parcours

Jean-Yves Gargadennec est né à Rennes en 1970. Il grandit en Bretagne, passe ses vacances en Corse, l’autre moitié de son patrimoine génétique. Il s’inscrit à 15 ans dans un club de photos de Rennes après avoir tourné les pages d’un livre de Cartier-Bresson dans une librairie. Il étudie l’impression typo offset car photographe n’est pas un métier, travaille dans une imprimerie fiduciaire. Un grave accident de deux roues lui fait prendre conscience de la fragilité de la vie. Il se promet, s’il remarche, de se consacrer à la photographie.

En 1992, la rencontre avec Muriel Bordier au Centre Colombier de Rennes où il s’est inscrit en cours du soir l’oriente vers la photographie d’auteur dont témoigne Black Tattoo.

En 1994, il reçoit le premier prix de la photographie du Crous de Bretagne avec son image « Breiz ». L’année suivante, il obtient la Bourse du Fonds Rennais d’Initiative Jeunes pour son travail Rythmes sur le monde musical.

Il s’installe près de Montpellier en 1997.

En 2006, il expose Métamorphose à La Panacée, salle d’art contemporain de Montpellier, et publie son premier livre. Métamorphose est un travail sur l’hôpital Saint Charles fondé en 1678 et fermé en 1997. Il y a promené son regard et son Rolleiflex pendant un an. Ses photos sans visage sont celui de la condition humaine. 

Cette même année, il entreprend un long travail sur la résistance au franquisme en Espagne et la relation de ce pays à cette page sombre de son histoire. Carabanchel est une trilogie (Ma part d’ombre, Mémoire d’une résistance, Le rêve d’Antigone) dans laquelle il poursuit un travail d’écriture photographique de la mémoire intime et collective.

Ma part d’ombre (2006/2011). Avec l’accord du Ministère espagnol de l’Intérieur, il photographie Carabanchel, l’ancienne prison franquiste de Madrid dont l’enceinte immense s’étend sur 25 hectares. Construite par des prisonniers républicains pour enfermer leurs pairs, Carabanchel contient la symbolique de l’histoire récente de l’Espagne. Elle sera détruite en 2008. En 2011, il fait une dernière photo, « Tabula rasa », d’un terrain vide au milieu duquel subsiste, ridiculement petite, la porte d’entrée.  « Durant son existence active, les murs étaient muets, auxiliaires silencieux de l’histoire. Mais l'abandon du bâtiment et l’œuvre du temps ont inscrit dans les murs l'image brute de son vécu.La moisissure, l'humidité, et la lumière sont autant d'éléments qui font resurgir le quotidien carcéral comme un ultime message avant de disparaître. (…) Quatre fois par semaine, à 9 heures le matin, Juan-Carlos m’ouvrait et fermait derrière moi la porte principale(…) A chaque sortie, je pensais à la phrase écrite au crayon à papier par un détenu «Nadie sabe lo que es la libertad hasta que no esta privado de ella »  (Nul ne sait ce qu’est la liberté avant d’en être privé) ».

Mémoire d’une résistance (2008/2012). Les murs de Carabanchel le conduisent à rencontrer les hommes qui ont été embastillés dans les prisons de Franco pour leurs idées. Il retrouve et fait, sur fond noir, le portrait de 40 acteurs de la résistance, hommes  et femmes, qui, à quatre-vingts ans passés, fixent l’objectif droit dans les yeux, comme ils ont vécu, sans ciller. Il commence ce travail avec Miguel Nuñez, figure emblématique de la gauche, deux fois condamné à mort, et l’achève avec Cesar Covo, brigadiste, juif séfarade né en Bulgarie, dont la famille avait été chassée de l’Espagne pendant l’Inquisition, la Reconquista en Espagnol. Franco reprendra ce nom pour imposer sa dictature.

Le rêve d’Antigone (2009/2010). Au cours de cette longue page de l’histoire espagnole, les corps de 250 000 disparus sont jetés dans des fosses. La loi de récupération de la mémoire de 2007 a autorisé leur ouverture. C’est aux familles d’en faire la demande auprès d’un juge. « La première exhumation à laquelle j’ai assisté se trouvait dans le village de Hontaria del Pinar, à 70km au sud de Burgos. Les familles sont arrivées. Un bulldozer a commencé à creuser. On pensait trouver trois corps, disparus en 1936, mais ils étaient cinq, tous mains attachées, parmi eux, un adolescent. Les légistes ont mis les morceaux des corps mutilés dans des sacs. Je n’ai pas voulu photographier les familles, ni l’événement. Il était inutile d’en rajouter. Tout était dit dans les lieux ». Le rêve d’Antigone est un travail sur la marque de l’histoire des hommes que portent les paysages.

“Carabanchel” a été exposé :

En 2016, Le Lazaret-Ollandini, Ajaccio.

En 2014/2015, La Poudrière, Perpignan.

En 2013, Dix ans d’Images, Maison Européenne de la Photographie, Paris.

En 2011, Open Frame II, Centre régional d’art contemporain du L-Roussillon.

En 2009, au Centre espagnol de Perpignan.

En 2008, au camp de Rivesaltes, Journées européennes du patrimoine.

Depuis 2001, Jean-Yves Gargadennec réalise une œuvre sur sa terre maternelle, la Corse, intitulée U miò caminu. Il prévoit de terminer son travail en fin 2018. Une vision noir et blanc de l’île dont le support d’écriture est en argentique.

Catherine Bernard

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Itineraries

Jean-Yves Gargadennec was born in Rennes in 1970. He grew up in Brittany and spends his holidays in Corsica, the other half of his genetic heritage. At the age of 15 he enrolls in a photography club in Rennes after having taken a look at a book by Cartier-Bresson in a bookstore. He then trains as an offset printer since being a photographer was really not truly a profession, and finds a job in a printing shop. A serious motorcycle accident makes him aware of the fragility of life. He then promises, if he walks again, to devote himself to photography.

In 1992, he comes across the Muriel Bordier Colombier Centre in Rennes where he enrolled in evening classes, that which leads him towards signature photography represented by his work entitled Black Tattoo.

In 1994, he receives the Crous de Bretagne First Prize with his "Breiz" photography. The following year he wins a Rennes Youth Initiative Fund Scholarship for his work on the music world entitled "Rhythms".

He settles near Montpellier in 1997.

In 2006, he exhibits his work "Métamorphose" at the Panacea Gallery for Contemporary Art in Montpellier and publishes his first book. Metamorphosis is a work done at St. Charles Hospital which was founded in 1678 and closed in 1997. There he paraded his eyes and his Rolleiflex for a year. His faceless photos are those of the human condition itself.

That same year, he begins working on a long journey into the Resistance during Francoism in Spain and the country's relationship to this dark page of its history. Carabanchel is a trilogy (My Dark Places, Memory of Resistance, Antigone's dream, respectively Ma part d’ombre, Mémoire d’une résistance, Le rêve d’Antigone) in which he pursues to write a photographic memory both intimate and collective.

My Dark Places (2006/2011) - With the authorisation of the Spanish Ministry of Interior, he photographs Carabanchel, the old prison of Franco's Madrid which spreads across 25 hectares and was built by Republican prisoners for the emprisonment of their own peer. Carabanchel embodies a symbolism of the recent history of Spain. It came to be destroyed in 2008. In 2011, he makes one last photo, "Tabula rasa", of an empty space in the middle of which still stood a ridiculously small entrance door. "During its existence, the walls were silent, quiet assistants to history. Having the building been abandonned, time took its toll on the walls becoming a raw image of the experiences lived therein. Mold, moisture, and light are all elements that make daily prison resurface as a final message before disappearing. (...) Four times a week, at 9 a.m., Juan Carlos opened and closed the main door behind me. (...) Every time I went out, a sentence written in pencil by a prisoner came to my mind: "Nadie sabe lo que es la libertad hasta que no esta privado de ella" (One cannot know what freedom means before one is deprived of it)."

Memory of resistance (2008/2012) - The walls of Carabanchel lead to the men who were taken there by Franco's regime for their ideas. Jean-Yves meets and makes portraits, on a black background, of 40 actors of the Resistance movement, who took the lenses straight into their eyes, without blinking for a moment, such as they had lived their lives. He begins this work with Miguel Nuñez, an emblematic figure of the left, twice condemned to death, and ends with Cesar Covo, brigadista, a sephardic Jew born in Bulgaria, whose family had been expelled from Spain during the Inquisition at the time of the Spanish Reconquista. It is under that same name - Reconquista - that Franco will impose his dictatorship.

The dream of Antigone (2009/2010) - During this long page of Spanish history, the bodies of 250,000 missing people are buried in mass graves. The 2007 law of memory retrieval authorized the opening of those graves. The families needed only apply to a judge. "The first exhumation I attended was in the village of Pinar del Hontaria, 70km south of Burgos. Families arrived. A bulldozer began to dig. We expected to find three bodies disappeared in 1936, but they were five, all handcuffed, among them a teenager. The drafters have put the pieces of mutilated bodies in bags. I have not wanted to photograph the families, or that situation. It seemed useless to add to it. All was said in that very place." Antigone's dream is a work on the witnessing of mankind's history by landscapes.

Carabanchel was exposed:

In 2016, The Lazaret-Ollandini of Ajaccio.

In 2014/2015, La Poudrière, Perpignan.

In 2013, Maison Européenne de la Photographie of Paris.

In 2011, Open Frame II, Regional Centre of Contemporary Art Languedoc-Roussillon.

In 2009, the Spanish Centre of Perpignan.

In 2008, at Camp de Rivesaltes, European Heritage Days.

Since 2001, Jean-Yves Gargadennec has been working on U miò caminu, a work on his land of birth, Corsica . He’s expecting on finishing it by the end of 2018. A black and white vision of island, which will be done on silver printor traditional printina process and photographic film. 

 

 

 

Catherine Bernard

 

 

Trayectoria

Jean-Yves Gargadennec nació en Rennes en 1970. Creció en Bretaña y pasa sus vacaciones en Córcega, la otra mitad de su patrimonio genético. Se inscribe a los 15 años en un club de fotos de Rennes, después de haber echado un vistazo a las páginas de un libro de Cartier-Bresson en una librería. Estudia la impresión tipo offset porque “fotógrafo” no es una profesión, trabaja en una imprenta fiduciaria. Luego, un grave accidente de motocicleta le hace tomar conciencia de la fragilidad de la vida. Se promete entonces, en caso que poder volver a caminar, de dedicarse a la fotografía.

En 1992, el encuentro con Muriel Bordier en el Centre Colombier de Rennes, donde se inscribió en cursos de noche, lo orienta hacia la fotografía de autor, lo cual queda en evidencia con Black Tattoo.

En 1994, recibe el primer premio de fotografía del Crous de Bretana, gracias a su imagen “Breiz”. Al año siguiente, obtiene la beca del Fonds Rennais d’Initiative Jeunes por su trabajo Rythmes, acerca del mundo musical.

Se instala en Montpellier en 1997.

En el año 2006, expone “Métarmorphose” en La Panacée, sala de arte contemporáneo de la ciudad de Montpellier y publica su primer libro. “Métarmorphose” es un trabajo que trata del Hospital Saint Charles, fundado en 1678 y cerrado desde el año 1997. Se paseó con su mirada y su Rolleiflex durante un año. Sus fotos sin rostros son aquellas que hablan de la condición humana.

Ese mismo año, comienza un largo trabajo acerca de la resistencia al franquismo en España y la relación de ese país a esta oscura página de su historia. Carabanchel es una trilogía “Mi parte de sombra”, “Memoria de una resistencia” y “El sueño de Antígona” en la cual Jean-Yves continúa un trabajo de escritura fotográfica sobre la memoria íntima y colectiva.

Mi parte de sombra (2006/2011). Con el acuerdo del Ministerio Espanol del Interior, el fotografía Carabanchel, la antigua prisión franquista de Madrid cuyo perímetro se extiende sobre 25 hectáreas. Construida par prisioneros republicanos para encerrar a sus colegas, Carabanchel contiene el simbolismo de la historia reciente de España. La prisión será destruida en 2008. En 2011, hace una última foto, “Tabula rasa”, de un terreno vacío en medio del cual permanece, ridículamente pequeña, la puerta de entrada. “Durante su existencia activa, sus muros estaban mudos, auxiliares silenciosos de la historia. Pero el abandono del edificio y el paso del tiempo inscribieron en sus muros la imagen bruta de lo que allí se vivió. El moho, la humedad y la luz son algunos de los elementos que hacen resurgir el día a día en la prisión, como un mensaje final antes de desaparecer. (…) Cuatro veces por semana, a las 9 de la mañana, Juan Carlos me abría la puerta principal y la cerraba detrás de mí. (…) Cada vez que salía, pensaba en la frase escrita a lápiz por un detenido: “Nadie sabe lo que es la libertad hasta que no está privado de ella.” 

“Memoria de una resistencia” (2008/2012). Les muros de Carabanchel lo conducen a encontrarse con los hombres que fueron encerrados en las cárceles de Franco, simplemente por sus ideas. Luego de su encuentro, el hace, en fondo negro, el retrato de 40 actores de la resistencia, hombres y mujeres quienes, con más de 80 años, fijan el objetivo de la cámara con sus ojos, como lo vivieron, sin siquiera pestañear. Este trabajo lo comienza con Miguel Núñez, figura emblemática de la izquierda, dos veces condenado a muerte y la culmina con Cesar Covo, militar, judío sefardí nacido en Bulgaria, cuya familia fue perseguida y echada de España durante la inquisición, la Reconquista en español. Franco retomara ese nombre para imponer su dictadura. 

El sueño de Antígona (2009/2010). En el curso de esta larga página de la historia española, los cuerpos de 250 000 desaparecidos fueron arrojados dentro de fosas comunes. La ley de recuperación de la memoria de 2007 autorizó su apertura. Las familias deben hacer la petición frente a un juez. « La primera exhumación a la cual yo asistí fue en el pueblo de Hontaria del Pinar, a 70 km al sur de Burgos. Las familias llegaron. Una excavadora comenzó a hacer su trabajo. Pensábamos que encontraríamos tres cuerpos, desaparecidos en 1936, pero fueron cinco, todos con las manos atadas y entre ellos, un adolescente. Los examinadores pusieron los pedazos de cuerpos mutilados en bolsas. Yo no he querido fotografiar a las familias, ni el evento. Era inútil de agregarle algo a aquello. Todo había sido dicho en ese lugar”. El sueño de Antígona es un trabajo sobre la huella de la historia de los hombres que portan los paisajes.    

Carabanchel ha sido expuesta:

En 2016, El Lazaret-Ollandini, Ajaccio.

En 2014/2015, La Poudrière, Perpignan.

En 2013, diez años d’Images, Maison européenne de la Photographie, Paris.

En 2011, Open Frame II, Centro Regional de arte contemporáneo de L-Roussillon.

En 2009, en el Centro Español de Perpignan.

En 2008, en el campo de Rivesaltes, Jornadas europeas del patrimonio.

Desde el año 2001, Jean-Yves Gargadennec realisa un trabajo sobre su tierra materna, Corsega, intitulado U miò caminu. El cuenta con terminar su obra a fines del año 2018. Una visión en blanco y negro, lograda utilizando películas fotográficas, papeles traditionales, placas fotográficas o analógicas.

 

Catherine Bernard